Presque
tous les Tunisiens hommes ont une double histoire avec les hammams. Il y a celle de leur âge adulte :
celle de ces longues minutes passées dans les vapeurs de la
" chambre chaude ", au cours desquelles les corps se décontractent
et se dilatent, laissant échapper des pores ouverts des réserves
de sueur. Ces moments sont parfois suivis de l’épreuve
du " tayyeb " : cet énergique masseur qui, non content
de débarrasser la peau des impuretés qui l’encombrent,
soumet le corps du baigneur à un véritable travail de
potier et de tanneur. Plus d’un en ressort avec les membres
et le dos endoloris. Mais, en général, cela procure
à la fin une sensation de légèreté et
de bien-être. A défaut de " tayyeb ", on se
charge seul de se laver en usant d’un gant de toilette bien
rugueux : la " kessa ".