814 av. J.-C. Dix siècles avant notre ère des navigateurs phéniciens ont exploré les rivages de la Tunisie, située au passage stratégique entre l’Est et l’Ouest de la Méditerrané. Tandis que les héros homériques n’en rapportaient que le souvenir de charmes fabuleux, les marins prospectaient les ressources de ces terres intactes et orientaient vers elles un courant du négoce phénicien. Des conjonctures commerciales et politiques ont transformé ces comptoirs - Utique, Carthage, Hadrumetum (Sousse) et bien d’autres - en cités prospères. La cité la plus connue et la plus puissante, avec une civilisation rayonnante, sera Carthage. Selon la légende, la princesse Elyssa de Tyr fonde Qart Hadasht (ville neuve), Carthage. L’affermissement de son autorité immobilise les populations berbères autour des bourgs et acclimate dans les domaines du patriciat des méthodes de culture et de jardinage que vanteront longtemps les économistes grecs et romains. On plante les terres du Sahel, du Cap Bon, de la vallée de la Medjerda d’oliviers, de vignes et d’arbres fruitiers. L'Etat punique règne alors sur la Méditerranée (520 - 310 av. J.-C.) et jette ses comptoirs au creux de chaque baie. Et cédant à une ambition qui devait le mener au-devant de conflits décisifs, il s’assure de positions maîtresses en Sicile et en Sardaigne. Il y entravait au loin la concurrence des colonies grecques. Dans ce même temps, Rome obéissait à un destin qui la portait précisément au contact de cet empire maritime. |