146 av. 439 ap.J.-C.
La Tunisie romaine

Rome annexa les terres de Carthage. Délimitée par un fossé courant de Thabraca (Tabarka) à Thaenea (près de Sfax), ces territoires côtiers deviennent la province d’Africa. C’est César qui, après sa victoire sur les Pompéiens (46 av. J.-C.), s’empara d’une partie de la Numidie. Ainsi s’ajouta à l’ancienne province Africa (Africa vetus) une deuxième, Africa nova. Toutes deux fondèrent, au début du règne de l’Empereur Auguste (27 av. J.-C. – 14 apr. J.-C.), en une seule qui prit le nom d’Africa proconsularis. C’est l’Empereur Auguste, qui ordonna la reconstruction de Carthage. La cité qui s’étend, selon un plan orthogonal rigoureux, entre la colline de Byrsa et la mer, prend alors le nom de Colonia Concordia Julia Karthago, et devient rapidement la capitale de la province romaine d’Afrique, foyer de civilisation. Durant plus de cinq siècles, le sort de l’Africa proconsularis fut intimement lié à celui de Rome. La province profita de la civilisation et de la culture romaine. Une multitude de villes apparaissent – comme Dougga, Sufetula (Sbeitla), Mactaris (Mactar), Bulla Regia, Thysdrus (El Djem)Thuburbo Majurs - dotées de théâtres, de cirques, de bains publics, de villas somptueuses ornées de fines mosaïques, témoignant du développement et de la prospérité de ces cités aux ressources essentiellement agricoles. Le Christianisme trouva rapidement de fervents adeptes malgré les persécutions. Au début du 4e siècle la nouvelle religion fut d’abord tolérée avant de devenir l’unique religion de l’empire romain. Mais l’oeuvre de l’empire allait être déstabilisée. Des villes trop coûteuses dans un pays aux minces ressources agricoles et un mauvais ajustement des conditions de propriété foncière allaient engendrer une grave crise sociale. Affaiblie par cette agitation, mal défendue par une armée sans âme, l’Africa proconsularis offrit peu de résistance aux envahisseurs.