Le Musée du Bardo
Inauguré il y a plus d’un
siècle, le 7 mai 1888, sous le nom de musée Alaoui, le Bardo,
est actuellement le musée archéologique le plus important
du Maghreb, grâce notamment à sa superbe collection de mosaïques,
datant de l’Africa romaine. Cet ancien palais beylical, érigé
sous les Hafsides (XIIème - XVIème siècles), complété
ensuite par la construction d’autres bâtiments, abritait,
à l’époque des beys, tout un système de gouvernement,
du juge à l’imam en passant par tous les membres du gouvernement
et de la famille princière. Aujourd’hui encore, aux côtés
du musée, se trouve une annexe de l’Assemblée nationale,
gardée en permanence par deux gardes en uniforme beylical. Depuis
1956, maintes découvertes archéologiques faites à
travers tout le pays, sur différents sites, sont venues enrichir
les collections exposées, retraçant ainsi la vie en Tunisie,
de la préhistoire à nos jours. 35 salles réparties
en plusieurs départements témoignent de la diversité
et de la richesse des différentes cultures qui se sont succédées
sur ce territoire.
La préhistoire
Elle couvre la période allant du Quaternaire au
XIIème siècle av. J.-C., date à laquelle les premiers
marins phéniciens s’installèrent sur les côtes
tunisiennes. Aux côtés d’outils datant de l’âge
de pierre, on y découvre l’Hermaion d’el Guettar, un
monument de nature religieuse, retrouvé près de Gafsa. Dédié
à l’esprit d’une source, il a la forme d’une
pyramide de boules en silico-calcaire, vieilles de 40 000 ans, auxquelles
s’ajoutent des silex taillés et des ossements d’animaux.
L’autre curiosité de ce département réside
dans la collection de petites figurines de pierre sculptées, aux
formes féminines, datant du IXème siècle av. J.-C.
et provenant là encore de la région de Gafsa, l’antique
Capsa.
L’ère punique
La vie quotidienne au temps de la Carthage punique se dévoile
au fil des salles exposant d’élégantes statues en
terre cuite, de somptueux masques en pâte de verre colorée,
une série de lampes et de vases magnifiquement décorés,
sans oublier d’élégants bijoux comme ces colliers,
bagues ou boucles d’oreilles qui, en leur temps, ont paré
de leur éclat, les femmes puniques. Autant de vestiges remontant
du VIIème au IIIème siècles av. J.-C., retirés
des fouilles menées à Carthage, Kerkouane ou Utique. Remarquables
également, les deux stèles en terre cuite, l’une représentant
le dieu Baal Hammon, portant la plus vieille inscription punique connue
à ce jour, l’autre avec le signe de la déesse Tanit,
surmonté du disque et du croissant.
La période romaine
Avec près de 1 000 pièces exposées,
se trouve ici la plus grande collection de mosaïques du monde. Issues
de riches demeures ou de monuments publics, elles remontent, pour les
plus anciennes, au IIème siècle. “Virgile et les deux
muses”, “Odyssée et les sirènes”, “Le
triomphe de Neptune”, “Le triomphe de Bacchus”, les
motifs de la mythologie gréco-romaine dominent, mais on découvre
aussi d’imposantes mosaïques aux thèmes aussi divers
que les scènes de chasse ou de combats, les situations de la vie
quotidienne ou encore, les représentations champêtres. La
nature y est intensément présente à travers les oiseaux,
les poissons et les éléments floraux comme sur cette pièce
figurant des rinceaux chargés de fleurs et d e fruits symbolisant
les quatre saisons. Plus loin, des mosaïques funéraires laissant
deviner l’empreinte de croix et les vestiges d’un bénitier
retrouvés dans les fouilles d’une église témoignent
des débuts du christianisme en Afrique du Nord. Au sein de ce département,
les différentes salles d’exposition portent chacune le nom
de l’une des plus importantes villes de l’Africa romaine,
aujourd’hui vastes sites archéologiques : Carthage, Sousse,Dougga,
El Djem, Uthina ou Althiburas ont offert de nombreuses sculptures représentant
des dieux, des empereurs romains ou des personnalités de la vie
publique ainsi que quantités de bustes, stèles ou sarcophages.
Moins nombreux mais tout aussi remarquables sont les objets de la vie
de tous les jours, vases, récipients, masques ou lampes et les
instruments chirurgicaux, ancêtres de notre actuel scalpel . Dans
une salle avoisinante, une collection de bijoux fait apparaître
l’évolution de l’idéal de beauté sur
une période de plus de 1000 ans.De même, une collection de
pièces en or, en argent et en cuivre, utilisées à
des époques et par des civilisations différentes, retracent
3 000 ans de l’histoire du commerce et des échanges sur le
sol tunisien. Une salle est également réservée à
la fabuleuse découverte en 1907, par les pêcheurs d’éponges
de Mahdia, d’un navire grec ayant fait naufrage en 81 av. J.-C.
Repêché dans les années quatre vingt le bâtiment
dévoila enfin sa cargaison d’œuvres d’art : une
pléiade de statues en bronze et en marbre, représentant
un jeune satyre, Hercule et Aphrodite, datant du IIIème et IIème
s. av. J.-C.
Le règne musulman
Né avec le siècle, ce département
a trouvé refuge dans l’un des petits palais attenant au reste
du musée. Son patio, décoré de faïences, renferme
une superbe vasque de marbre blanc. Tout autour, différentes salles
abritent les collections d’objets et de costumes rendant compte
des arts et traditions populaires de la Tunisie musulmane. Verrerie et
céramique, faïences et objets en bois ou en ivoire rivalisent
de beauté avec les meubles incrustés de nacre du XIXème
siècle, les armes anciennes, les bijoux et les costumes des différentes
régions de Tunisie. Une première salle est toute entière
réservée au Moyen-Age musulman, qui s’étend
de la conquête arabe au VIIème siècle à la
chute des Hafsides à la fin du XVIème siècle. On
y découvre notamment les somptueuses pages du Coran bleu de Kairouan
datant du XIème siècle, dont les sourates sont écrites
en lettres d’or. Dans une salle mitoyenne, une collection de tissus
de l’époque abbasside (VIIIème siècle) et fatimide
(XIIème siècle) témoigne de la tradition maintes
fois séculaires du tissage tunisien. C’est aussi de l’époque
fatimide (Xème et XIème siècles) que date ce bas-relief
représentant un prince mélomane, envoûté par
le son enchanteur de la flûte d’une femme musicienne. Plus
prosaïques, les cadrans solaires, boussoles, et autres instruments
d’astronomie, datant du XIVème siècle, n’en
sont pas moins fascinants, tout comme peut l’être le trésor
de Tarabia, un ensemble de bijoux du XIème siècle découvert
dans la région du Kef.
Entrée payante
Fermé le lundi
71 513 842
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